Une étude Ifop confirme le mensonge du gouvernement sur les chiffres du CNE et démontre l'inefficacité de ce mode de gestion du problème du chômage.

Publié le par Comité de mobilisation contre le CPE - Sciences-Po

Le Contrat Nouvelle Embauche, lancé en août dernier, s'apparente globalement à un CPE, la différence étant qu'il ne s'adresse qu'aux entreprises de moins de 20 salariés et qu'il ne concerne pas exclusivement les jeunes. L'étude des effets sur l'emploi du CNE est capitale car elle préfigure les effets du CPE sur le chômage s'il entrait en vigueur.

L'étude de l'Ifop est crédible : elle est basée sur un sondage réalisé sur la base des 130 000 entreprises clientes de Fiducial, entreprise de conseil aux très petites entreprises, c'est à dire précisément les entreprises concernées par le CNE.


Notons tout d'abord que le sondage conduit à s'interroger sur la crédibilité des chiffres avancés par le gouvernement de 200 000 CNE signés depuis août, qui correspond à plus du double de ce qu'on peut estimer à partir du taux de pénétration de ce nouveau contrat d'après l'institut. D'autre part, n'oublions pas que le gouvernement n'avance que le nombre de signature de CNE, apparemment douteux, mais se garde bien d'avancer le nombre de contrats qui ont déjà été rompus !

Quoi qu'il en soit, les résultats du sondage parlent d'eux-mêmes:
- 71% des entrepreneurs ayant embauché en CNE déclarent qu'ils auraient recruté même sans l'existence de ce nouveau contrat. De quoi revoir gigantesquement à la baisse le nombre des emplois véritablement créés grâce au CNE.
- à ces employés qui auraient de toutes façons été recrutés, même sans CNE, on aurait proposé un CDI dans 57% des cas.

Ainsi, 40% des CNE signés (57% des 71%) l'ont été en remplacement d'un CDI. Comment soutenir alors que ce type de contrat (CNE ou CPE) remplace les stages ou les intérims ???


L'étude réfute également l'idée avancée par les pro-CPE selon laquelle les employeurs n'embaucheraient pas en CNE pour pouvoir licencier dès que cela sera nécessaire : 55% des entrepreneurs justifient leur embauche en CNE par la possibilité qu'offre ce contrat de pouvoir licencier dès que l'activité se retourne.

Comment alors installer une relation de confiance pérenne au sein de l'entreprise ?

D'autant plus qu'à la question « comptez-vous garder cette(ces) personne(s) {embauchées en CNE} dans votre entreprise au cours des 3 prochains mois », 87% répondent « oui », mais quand la même question est posée au terme de la période des deux ans, le taux de réponses favorables tombe vertigineusement : 57 % des entrepreneurs ne pensent pas garder les personnes embauchées en CNE (9 % sont même certains de les licencier avant les deux ans).

Enfin, 70% des entrepreneurs ayant embauché en CNE ne souhaitent pas renouveler l'expérience et parmi les 30 % restants, 60 % ne comptent pas embaucher plus d'un salarié en CNE, preuve que les entrepreneurs concernés ne sont pas réellement convaincus des effets positifs du CNE dans leur entreprise.


Retrouvez l'intégralité des résultats de l'étude, menée la dernière semaine de décembre 2005, sur le site de l'institut Ifop http://www.ifop.com/europe/docs/cne.pdf.

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Publié dans Sur le fond...

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