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 Pourquoi se mobiliser?

- parce qu'on est à Sciences Po et quoi qu'en disent certains, on n'est pas seulement là pour étudier mais surtout pour s'engager sur les questions politiques et de société. Arrêtons d'être les étudiants les plus apolitisés de France !!

- parce que quand bien même on sera diplomé de Sciences Po, la galère pour trouver un contrat solide attend la majorité d'entre nous à la sortie (cf la multiplication des stages pour les anciens)

- parce que même si on peut se sentir moins menacé que les jeunes les moins qualifiés, la solidarité et la responsabilité de chacun est de lutter contre une loi scandaleuse, économiquement non fondée, qui sous des faux semblants n'instaurera chez les jeunes en galère que plus de précarité et abolit toute égalité dans les rapports au sein de l'entreprise.

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Jeudi 23 mars 2006
Jeudi à 8h et 10h, le comité de mobilisation a proposé à chaque étudiant de Sciences-Po au bout d'un barrage filtrant tenu par une soixantaine de membres un petit déjeuner gratuit et un débat avec Monsieur Dominique Strauss Kahn durant son cours d'économie aux étudiants de premier cycle.

Ce débat a permis de dégager les enjeux et les points de divergence sur le CPE, remis en ordre par Monsieur Strauss Kahn lui-même qui s'est exprimé en tant qu'économiste sur le sujet.

Monsieur Strauss Kahn, se gardant de tout argument politique, a ainsi rappelé la nécessité d'une croissance forte, présupposé absolu à une création massive d'emplois et a rappelé que l'action sur les contrats de travail n'agit qu'à la marge, éventuellement sur le plan micronomique, mais pas macroéconomique. L'expérience du CNE confirme d'ailleurs cette hypothèse puisqu'aucune variation du nombre d'emplois créés n'apparaît au second semestre 2005 par rapport au premier.

Le comité de mobilisation remercie Monsieur Strauss Kahn pour son éclairage économique qui incite les étudiants à débattre sur le CPE, à s'intéresser au sujet et à prendre position.

La manifestation de l'après midi a été un succès : deux fois plus d'étudiants étaient derrière la banderole Sciences-Po.

Par Comité de mobilisation contre le CPE - Sciences-Po - Publié dans : Actualité
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Jeudi 23 mars 2006

Pourquoi le maintien du CPE est une erreur politique grave.

  • Une procédure inacceptable.
    • Un exemple-type de « gouvernement à l’envers »
      • Fait sans concertation ni avec le Medef, ni avec les syndicats, ni avec les étudiants. Les moins de 26 ans concernés par le CPE n’ont pas été consultés.
      • Le gouvernement attend mi mars et la descente de plus d’un million de personnes dans les rues pour commencer le « dialogue ».
      • Nous dénonçons l’autisme du premier ministre qui hier encore refusait tout « retrait », toute « suspension » et toute « dénaturation» du CPE. (Pot amical à Matignon le 21 Mars)
      • Le premier ministre n’entend ni la voix des présidents d’universités qui se sont prononcés pour la suspension du CPE, ni la voie du million et demi de personnes dans la rue aux manifestations du Samedi 18 mars.
    • La question de la constitutionalité et conventionalité de la procédure
      • Le CPE introduit une rupture de l’égalité entre les salariés, les plus de 26 protégés par l’article L 122-45 du code du travail et les moins de 26 ans soumis au régime du CPE.
      • Le CPE, en permettant le licenciement sans motif, s’oppose à la convention 158 de l’Organisation Internationale du Travail ratifiée par la France.
      • L’utilisation du 49-3 puis le dérèglement la procédure législative (bouleversement de l’ordre du jour), l’absence de consultation .
  • Une gestion de la crise incompréhensible.
      • Mépris de la Conférence des présidents d’universités.
      • 66% des français sont favorables au retrait du CPE (sondage BVA pour la Dépêche du Midi du 20/03)
      • D’après le même sondage, 69% des français soutiennent le mouvement anti-CPE (BVA pour le Parisien).
      • Plus d’un million de personnes ont défilé en France samedi 18 mars contre le CPE.
Le Premier Ministre appelle maintenant au dialogue alors qu’il ne s’y est pas astreint lui-même. Le CPE est un texte juridiquement creux, économiquement inefficace.

Rejoignez le Collectif des étudiants mobilisés contre le CPE !

Site internet : http://sciences-pocontrelecpe.over-blog.org
Contact : sciences-pocontrelecpe@hotmail.fr
Par Comité de mobilisation contre le CPE - Sciences-Po - Publié dans : Tracts
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Mercredi 22 mars 2006
L'Assemblée Générale qui s'est réunie à 12h30 ce midi a laissé une très large place au débat.

On y a d'abord abordé l'actualité du CPE, c'est à dire l'intervention du Premier Ministre Monsieur Galouzeau de Villepin hier soir. On y a dénoncé l'autisme du Premier Ministre qui se refuse à écouter la voix de la rue et à revenir sur ce qu'il a imposé aux parlementaires et au peuple.
Il a ensuite été question de la mobilisation : plusieurs modes d'action ont été proposés, parfois cocasses :
- la dissolution de l'assemblée par elle même (le suicide collectif en somme),
- l'interdiction d'assemblée générale avant le vote (le suicide à terme),
- l'organisation de barrages très filtrants à l'entrée jeudi en réponse au refus de l'administration de banaliser les cours et d'organiser des conférences pendant la journée de jeudi,
- la tenue de manifestations festives (barbecue, concerts de guitare improvisés, kebabs,...) à l'IEP jeudi en protestation contre le refus ci-dessus.

Les votes ont refusé les suicides de l'Assemblée générale à une majorité écrasante et ont validé l'organisation de barrages très filtrants à l'entrée jeudi 23 mars.
Par Comité de mobilisation contre le CPE - Sciences-Po - Publié dans : Assemblées générales
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Mercredi 22 mars 2006
Le Contrat Nouvelle Embauche, lancé en août dernier, s'apparente globalement à un CPE, la différence étant qu'il ne s'adresse qu'aux entreprises de moins de 20 salariés et qu'il ne concerne pas exclusivement les jeunes. L'étude des effets sur l'emploi du CNE est capitale car elle préfigure les effets du CPE sur le chômage s'il entrait en vigueur.

L'étude de l'Ifop est crédible : elle est basée sur un sondage réalisé sur la base des 130 000 entreprises clientes de Fiducial, entreprise de conseil aux très petites entreprises, c'est à dire précisément les entreprises concernées par le CNE.


Notons tout d'abord que le sondage conduit à s'interroger sur la crédibilité des chiffres avancés par le gouvernement de 200 000 CNE signés depuis août, qui correspond à plus du double de ce qu'on peut estimer à partir du taux de pénétration de ce nouveau contrat d'après l'institut. D'autre part, n'oublions pas que le gouvernement n'avance que le nombre de signature de CNE, apparemment douteux, mais se garde bien d'avancer le nombre de contrats qui ont déjà été rompus !

Quoi qu'il en soit, les résultats du sondage parlent d'eux-mêmes:
- 71% des entrepreneurs ayant embauché en CNE déclarent qu'ils auraient recruté même sans l'existence de ce nouveau contrat. De quoi revoir gigantesquement à la baisse le nombre des emplois véritablement créés grâce au CNE.
- à ces employés qui auraient de toutes façons été recrutés, même sans CNE, on aurait proposé un CDI dans 57% des cas.

Ainsi, 40% des CNE signés (57% des 71%) l'ont été en remplacement d'un CDI. Comment soutenir alors que ce type de contrat (CNE ou CPE) remplace les stages ou les intérims ???


L'étude réfute également l'idée avancée par les pro-CPE selon laquelle les employeurs n'embaucheraient pas en CNE pour pouvoir licencier dès que cela sera nécessaire : 55% des entrepreneurs justifient leur embauche en CNE par la possibilité qu'offre ce contrat de pouvoir licencier dès que l'activité se retourne.

Comment alors installer une relation de confiance pérenne au sein de l'entreprise ?

D'autant plus qu'à la question « comptez-vous garder cette(ces) personne(s) {embauchées en CNE} dans votre entreprise au cours des 3 prochains mois », 87% répondent « oui », mais quand la même question est posée au terme de la période des deux ans, le taux de réponses favorables tombe vertigineusement : 57 % des entrepreneurs ne pensent pas garder les personnes embauchées en CNE (9 % sont même certains de les licencier avant les deux ans).

Enfin, 70% des entrepreneurs ayant embauché en CNE ne souhaitent pas renouveler l'expérience et parmi les 30 % restants, 60 % ne comptent pas embaucher plus d'un salarié en CNE, preuve que les entrepreneurs concernés ne sont pas réellement convaincus des effets positifs du CNE dans leur entreprise.


Retrouvez l'intégralité des résultats de l'étude, menée la dernière semaine de décembre 2005, sur le site de l'institut Ifop http://www.ifop.com/europe/docs/cne.pdf.

Par Comité de mobilisation contre le CPE - Sciences-Po - Publié dans : Sur le fond...
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Mercredi 22 mars 2006

Pourquoi le Contrat de Première Embauche est économiquement inefficace, juridiquement creux et socialement irrecevable. (version pdf ici)



Economiquement le CPE est inefficace et non viable


  • Le rapport Proglio

Le rapport de H. Proglio (directeur de la firme Véolia Environnement), demandé par le gouvernement, puis écarté, affirme que la situation de manque de confiance entre les entreprises et les jeunes en France nuit à l’efficacité même de l’entreprise. Le CPE institue à l’inverse un rapport d’angoisse et de manque de confiance en raison de l’absence de motif de licenciement.


  • Les rapports de l’OCDE

Différentes enquêtes de l’OCDE (menées sur plusieurs années dans les 27 pays membres) montrent que plus de flexibilité ne garantit en rien la baisse du chômage. Par ailleurs l’OCDE affirme que le CPE « offre une protection sociale très faible au salarié ».

En France, malgré l'augmentation des types de contrats "flexibles" (CDD, intérim...) ces 20 dernières années, le chômage a augmenté.


  • Les dangers de l’instabilité

Dans une situation d’incertitude (c’est bien le cas avec le CPE), le salarié a tendance à réduire sa consommation, ce qui entraîne une contraction de la demande effective exprimée sur le marché et donc une réduction de dépenses, d’investissement et d’innovation des entreprises. Le résultat est un cycle économique de sous-emploi.


  • CPE et CDD.

Le CPE/CNE sont des contrats qui ne s’avouent pas précaires. Contrairement au CDD, ils ne donnent pas droit à la prime de précarité de 10%. Mais en revanche dans le cadre d’un CPE, l’entreprise bénéficie de trois ans d’exonération de charges.


Juridiquement, le CPE est un texte creux.


  • L’inexplicable brièveté du texte.

Vingt lignes pour un texte de loi, c’est une aberration. Un texte de loi est normalement détaillé pour que les juges n’aient pas à l’interpréter. Il faudra selon des juges des prud’hommes 5 à 7 ans pour créer une jurisprudence efficace.

Le CPE, s’il ne crée pas d’emplois, donnera du travail aux juges !


  • Un texte anticonventionnel ?

Le CPE s’oppose à l’article 4 de la convention 158 de l’Organisation Internationale du Travail ratifiée par la France et donc à laquelle les normes nationales doivent se soumettre. Cette convention affirme que tout licenciement doit être accompagné d’un motif valable.



  • Rupture de l’égalité entre les salariés.

Le CPE introduit une rupture de l’égalité entre les salariés (en contradiction avec le concept de l’isonomie). Les plus de 26 ans sont protégés par l’article L 122-45 du Code du Travail et les plus jeunes, soumis au régime du CPE.



Socialement, le CPE est inacceptable.


  • 2 ans à l’essai, une période bien trop longue.

Deux ans de possibilité de licenciement sans motif, c’est une période de précarité beaucoup trop longue pour le salarié et qui ne se justifie pas pour évaluer ses performances.

Surtout que le CPE n’est pas un contrat « de première embauche » pour le salarié car celui-ci peut enchaîner plusieurs CPE successifs jusqu’à l’âge de 26 ans. L’argument selon lequel le CPE permet de faire ses preuves est peu recevable dans le cas des emplois non qualifiés (même si une entreprise ne peut embaucher une même personne deux fois de suite sur le même poste, certains salariés seront inévitablement réembauchés constamment en CPE jusqu’à 26 ans)


  • Droit à la formation

Le gouvernement se vante du droit à la formation garanti par le CPE, mais20 heures tout au plus dans l’année (en travaillant à temps plein en CPE), est-ce vraiment efficace ?

Par ailleurs, dans le cas de CNE, on a pu observer des litiges entre employeurs et salariés au sujet du motif de licenciement, des salariés ayant été licenciés pour avoir demandé une formation jugée trop coûteuse par l’entreprise.


  • Accès au logement

L’argument du « Locapass » est bien faible, car il ne garantit en rien un logement : c’est un prêt à taux zéro ou une garantie pour le bailleur… C’est bien ! Encore faut-il trouver le logement et pouvoir rembourser le prêt grâce à une source de revenus régulière (ce que le CPE ne peut garantir). D’autre part, les engagements des banques à aider les jeunes ne sont qu’engagements de principes : aucune garantie n’a été signée.


  • Contradiction 

Le CPE prétend permettre l’insertion des jeunes en facilitant leur licenciement : n’y a-t-il pas là une contradiction ?

De même, on prétend vouloir résorber la précarité des jeunes, mais le CPE, au contraire, l’institutionnalise. Le gouvernement s’enferme dans ses contradictions !


Le CPE n’est ni une solution miracle ni une fatalité. Il n’est pas possible, dans le contexte politique, social et économique actuel de maintenir ce texte. C’est pourquoi nous nous mobilisons et soutenons le mouvement national et unitaire. 67 % des français soutiennent le mouvement contre le CPE, à notre tour, mobilisons nous pour le retrait de ce texte qui n’est plus recevable.




Comité de mobilisation de l’IEP de Paris contre le CPE.




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